Publié par Alexandre CHEVANT

C'est le dimanche 6 juillet qu'aura lieu la sortie annuelle de la famille Gayant (du patois picard "géant"). Un événement à ne manquer sous aucun prétexte, au risque de devoir repasser… l’année suivante. Reportage d'Alexandre CHEVANT

Quand les Géants envahissent la ville

Les Gayants, dans le Nord, c’est depuis toujours une grande affaire. Éminemment populaire, le culte de ces personnages hauts en couleur fait partie intégrante de la tradition régionale. L’année 2005 a vu, d’ailleurs, la consécration de ces figures emblématiques du patrimoine culturel immatériel de l'humanité avec le classement du personnage de Gayant au patrimoine mondial de l’UNESCO. Comme celui du beffroi de Douai, autre symbole fort et spectaculaire s’il en est du Nord, pays d’élection des géants.

Mais qu’est au juste un « Gayant » ? Une poupée monumentale habillée avec une recherche particulière et portée par de robustes gaillards… Plusieurs légendes circulent dans le Nord sur l’origine de ces créatures de légende. La plus crédible voudrait que LE géant de Douai, premier du nom, soit apparu pour rendre hommage à Saint Maurand, protecteur de la Cité.

Cela se passait en 1530, au lendemain de la signature du traité de Cambrai scellant la fin des hostilités entre les Pays-Bas Espagnols et la France. Il fut convenu qu’une procession viendrait commémorer la paix et pour l’occasion les corporations de métier furent invitées à confectionner un char ou à représenter une histoire.

Quand les Géants envahissent la ville

Porteurs de géants

Le traditionnel cortège à travers la ville suit un protocole et des règles bien précises. Les géants sont « portés » - et c’est la grande originalité de l’événement – par des hommes postés à l’intérieur même du squelette en osier. Etre « porteur » est un honneur envié par plus d’un Douaisien. Dans la hiérarchie de la confrérie il y a également le « chef de lunette » qui, à travers une lucarne ouverte dans l’habit des géants, guide les confrères porteurs. On compte également les habilleurs et les chefs de protocole.

La corporation des manneliers (fabricants de paniers) eut l’idée géniale de construire un géant avec une ossature en… osier. Monsieur Gayant était né ! Ce fut ensuite le tour de Madame Gayant, plus connue sous le nom de Marie Cagenon, d’être portée sur les fonts baptismaux. Vint ensuite le tour des enfants de ce couple peu banal : Jacquot, Filion et Binbin le petit dernier (2,40 m quand même !), toujours habillé de blanc. Et pour amuser tout ce monde, il y eut le Sot des Canonniers, mi-homme mi-cheval, qui joue un peu les boute-en-train durant le traditionnel cortège entre Place d’Armes et Cour de l’Hôtel de Ville.

Depuis, entre gens du Nord et Géants c’est une longue histoire d’amour. La région, avec ses airs de Flandres, ses ciels humides et ses marais, partage avec les beffrois cet autre point fort qu’est la tradition des Géants fêtée chaque année à la belle saison. Du grand spectacle sur un mode convivial et populaire. Il suffit de voir le public tendre ses enfants – autant que faire se peut – vers ces imposants et sympathiques mannequins pour une bise bien sentie ou se mêler au « rigodon », la danse préférée de la famille Gayant.

Ce sont les chefs de protocoles qui ont la charge sensible d’annoncer le moment tant attendu par le public tenu en haleine quand jaillit l’air de Gayant interprété par la fanfare municipale : « Attention ! Prêt ! Rigodon ! ». Les cinq « figures », le père, l’épouse et les trois enfants, tournent alors sur eux-mêmes devant les yeux éberlués de la foule surprise de voir s’agiter de telles masses au-dessus de sa tête. Tout Douai est en fête, géants en tête suivis par les habitants, les troupes de musique et les groupes folkloriques. A votre tour d’entrer dans la danse !

Pour en savoir plus sur la fête des Géants à Douai
Office de Tourisme au 03 27 88 26 79
www.ville-douai.fr

L'édition 2013

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