Publié par La rédaction / Henry SALAMONE

L'équipe féminine afghane de cyclisme ignore les regards noirs et les insultes d'hommes sur le bord des routes en savourant une activité impensable pour les femmes des générations précédentes : faire tout simplement du vélo.

Quand des femmes afghanes pratiquent le cyclisme...

L'équipe nationale afghane de cyclisme féminin, formation crée par Mohamed Saddiq en 2003 après que sa propre fille eut exprimé le désir de faire du vélo, reconnaît que la sécurité des femmes est un souci constant. Bien décidé à combattre ces préjugés, l'équipe composée de treize coureuses s'entraîne souvent en prenant des risques.

Pour preuve, lors d'une sortie récente hors de Kaboul, trois jeunes Afghans sur une moto ont débouché brutalement et ont bousculé l'une des coureuses, Sadf Nazari, 18 ans, qui a perdu l'équilibre et est tombée sur Marjan. Celle-ci a été sérieusement blessée dans l'incident. Loin de se décourager, l'équipe multiplie les sorties d'entraînement avec en vue, les Jeux Olympiques de 2020, mais aussi un objectif encore bien plus ambitieux : amener davantage de femmes afghanes au vélo.

«Pour nous, le vélo est le symbole de la liberté», estime Marjan Sidiqqi, 26 ans, l'une des membres de l'équipe. «Nous ne faisons pas de vélo pour faire de la politique. Nous en faisons parce que nous en avons envie, parce que nous aimons ça, parce que si nos frères peuvent le faire, alors nous aussi», lance-t-elle. L'équipe, entraînée par la cycliste américaine Shannon Galpin, se prépare dans des conditions particulières en vue des Jeux asiatiques en Corée du Sud qui se dérouleront en septembre-octobre prochains.

Pendant le règne des talibans (1996-2001), les femmes n'étaient pas autorisées à sortir de leurs maisons sans être accompagnées d'un homme. Toutefois, l'égalité homme-femme reste encore un rêve lointain et les attitudes conservatrices demeurent.

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