Publié par Catherine Gary

Le Nombril“ : une comédie douce-amère, la dernière de Jean Anouilh

   C’est l’histoire d’un auteur de théâtre qui a réussi auprès du public mais pas auprès de son entourage. Léon (Francis Perrin) est accablé par une  crise de goutte, métaphore apparente du supplice auquel le soumettent les sollicitations constantes de son ami “de toujours“ et de tous les membres de sa famille : demandes d’argent, de services, d’écoute, de compréhension… La coupe semble pleine. Mais peut-être le mérite-t-il lui aussi, tourné vers lui-même comme tous ces personnages ? De là lui vient l’idée du titre de sa prochaine pièce : Le Nombril. Chacun ici est pris dans son propre délire de paroles derrière lesquelles transparaît l’avidité et…le nombrilisme. C’est d’abord l’ami de toujours, un écrivain abscons et fauché, (Eric Laugerias) qui le harcèle, sous prétexte de leur longue amitié, pour obtenir de l’argent du grand train qu’il croit devoir mener en raison de son génie. Puis sa fille, son ex-femme, sa jeune maîtresse... tous défilent dans son bureau, revendiquent, accusent, sont empêtrés dans leurs demandes d’où il ressort que les sentiments ont peu de place. Succession de dialogues de sourds dont personne ne sort indemne mais qui donne à Jean Anouilh, dans cette dernière comédie, l’occasion de distiller quelques-uns de ses thèmes favoris sur un ton à la fois léger et grinçant. Tout le monde en prend pour son grade et le public s’amuse du jeu des acteurs (Francis Perrin, Eric Laugerias et Davy Sardou, en particulier). Un peu moins de celui de l’épouse et du médecin…

Comédie des Champs Elysées

15 avenue Montaigne

Du mardi au samedi à 20h45 ; samedi 15h et dimanche 16h30

Locations : 01 53 23 99 19

www.comediedeschampselysees.com

Tarifs : de 2à à 55 euros

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 “Toutou“ : le nombril du couple !

Drôle de nom pour une pièce de théâtre. On pourrait passer à côté pensant qu’il s’agit d’un boulevard pour mamies à caniches…Heureusement, il n’en est rien. Le jeu se joue à trois : l’épouse, son mari et l’ami intime du couple, une sorte de toutou lui aussi, en perpétuelle demande d’amour, mais qui ne fait pas oublier l’origine du drame : la disparition de Toutou, chien pourtant fidèle. Et, on le comprend vite, pièce majeure dans l’équilibre du couple. Toutou a disparu. Comment est-ce possible ? Lui si choyé par ses maîtres ! Et voilà qu’en quelques minutes, la boîte de Pandore s’ouvre et que tous les non-dits, les frustrations, les reproches, les colères de ce couple pourtant privilégié et raffiné peu à peu s’échappent dans une comédie burlesque et irrésistiblement drôle. Le chien canalisait leurs manques et voilà que l’amour, le désir, l’amitié même s’en trouvent ébranlés. Il faut mentionner la finesse et l’humour du texte d’Agnès et Daniel Besse. Ce dernier ayant reçu en 2001 le Molière du meilleur auteur francophone.  Quant au jeu des acteurs, Patrick Chesnais, Josiane Stoléru et Sam Karmann, ils sont excellents du début à la fin. Voilà un rire de qualité, sans amertume dans une comédie de mœurs moqueuse sans méchanceté ni vulgarité.

Théâtre Hébertot

78, boulevard des Batignolles

Locations : 01 43 87 23 23

www.theatrehebertot.com

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