Publié par La rédaction

couvlivrebb.jpgPrivée de repères, cette petite fille, devenue femme avant même d’avoir pu jouir des privilèges de l’adolescence, a survécu grâce à ses repaires : La Paul Doumer, Bazoches, et surtout La Madrague. Des tanières où elle vécut en recluse, où elle pansa les blessures de l’enfance, abrita ses furtives amours, et mit au monde l’enfant dont elle ne voulait pas, consciente qu’elle-même n’avait pas quitté les rivages de l’enfance.

Les hommes ne lui ont jamais apporté ce qu’elle en attendait : une épaule solide, l’apaisement de ses angoisses, la certitude qu’elle n’était pas aussi “moche” qu’elle le pensait... Certains ont été les jalons, qui lui ont permis d’avancer, vaille que vaille, de se nourrir intellectuellement, émotionnellement, spirituellement.

Des mots qui font scandales...

D’autres furent relégués au rang d’hommes de compagnie : ils ont meublé, tant bien que mal, cette solitude qu’elle ne supportait pas. D’autres encore furent des crampons, des papillons de nuit attirés par sa lumière.

Le cinéma fut à la fois le calvaire et le tremplin de B.B. Il lui fallut du temps et du recul pour réaliser que, sans cette gloire factice, cette image dont elle fut la prisonnière et l’esclave, elle n’aurait pu mener ce combat qui est devenu son absolue priorité. Ces mots qu’elle exprime brutalement, sans tricher, font scandale.

Qu’importe s’ils entraînent des dommages collatéraux, B.B. ne veut rien cacher de ses états d’âmes. On ne triche pas plus avec son testament qu’avec son psychanalyste...

L’auteur : Oriane Oringer a été journaliste à “Paris-Jour” et rédactrice en chef des magazines “Femme Pratique” et “Les Grands Destins de l’Histoire”. Retirée depuis quelques années dans le Sud de la France, Oriane Oringer a écrit des sagas historiques et les biographies de Jean-Paul Belmondo, Claude François et Anne Sinclair

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