Publié par Corinne Préteur

 


Expo Doisneau à l'hôtel de Ville : des Halles... par mairiedeparis     

 

En 1933, Robert Doisneau prend sa première photo dans le quartier des Halles. Amoureux de ce "ventre de Paris", le photographe fixera sur le négatif les évolutions et les nouveautés du quartier.

21-doisneau-hamilton.jpgL'EXPOSITION - Parmi les nombreuses photographies que Robert Doisneau a consacrées au quartier des Halles de 1933 à sa mort, quelques 208 tirages, pour la plupart vintages, ont été sélectionnés pour être présentés au public. Les photographies en couleur des années 1960 sont exposées dans une salle à part ce qui nous permet de porter un regard nouveau à la fois sur le quartier des Halles mais aussi sur l'oeuvre du photographe. Si vous n'avez pas connu "le trou des Halles" ou  les pavillons Baltard, vous les découvrirez avec émotion à l'instar de la vie et du caractère si particulier de ce quartier entre les années 30 et 70.

 

 

DOISNEAU ET LES HALLES, UNE HISTOIRE EN COMMUN

Achevés en 1866, les pavillons de l’architecte Victor Baltard accueillent les Halles de Paris et leur incessante activité d’échange et de commerce. Au milieu du xxe siècle, plus de 5 000 personnes travaillent aux Halles : commerçants, cafetiers, journaliers, et bien évidemment les célèbres « forts des Halles », capables de déplacer sur leur dos une charge de 200 kilos.

Les-filles-au-diable-1933--Atelier-Robert-Doineau.jpg"Les filles au diable" au pied de l’Église Saint-Eustache, est la première photo prise par Robert Doisneau dans le quartier des Halles en 1933. Il restera fidèle au quartier pendant 40 ans, revenant sans cesse visiter et fixer sur le négatif les évolutions et les nouveautés du lieu. Pierre Delbos, un ami du photographe, témoigne : "Ce qui me surprenait, c’était de voir ces gens aller vers lui, il n’avait même pas besoin de les solliciter ! L’accueil aux Halles était extraordinaire, il y avait une ambiance fabuleuse et lui, il avait du flair, vous auriez vu sa façon de les regarder, il les aimait ! Pour nous les Halles c’était spécial, il y avait un esprit qui était en phase avec celui de Robert !"

rue-Montorgueil-1953---Atelier-Robert-Doisneau.jpgLES ANNEES 60/70

Dans les années 1960, les Halles sont menacées. On leur reproche leur inadaptation à la vie moderne : surface trop limitée par rapport aux besoins d’une capitale en expansion, insalubrité, extrême densité. Robert Doisneau, inquiet et en colère, entreprend de venir une fois par semaine se plonger dans leur tourbillon pour tout voir, tout vivre, tout photographier. "Je me levais donc à 3 heures du matin, à Montrouge, pour me rendre là-bas, parmi les travailleurs de l’aube, ceux qui déchargeaient les camions, ceux qui mettaient la marchandise en place. Difficile à photographier : manque de lumière, réflexes ralentis par la fatigue, tellement d’images possibles ! Et puis c’était intimidant. Mais je me suis accroché. Je savais que cela allait disparaître. Je voulais absolument en fixer le souvenir".

Le regard du photographe, esthétique et sociologique, se fait patrimonial. Il enregistre tout : la destruction des Pavillons en 1971, les différents états du « trou », le chantier de reconstruction. Robert Doisneau va jusqu’à Rungis, pour comprendre et voir ce que ses amis sont devenus, et ne peut que constater la disparition, dans un univers de béton, de ce qui faisait l’esprit des Halles parisiennes. Vidés de leur activité de destination, les pavillons Baltard et leur magnifique architecture métallique sont menacés : infatigable, Robert Doisneau photographie les arcs, les entrelacs, les transparences. Ces images constituent aujourd’hui un témoignage précieux sur ce patrimoine disparu.

AUJOURD'HUI.... L’histoire du quartier continue, et une extension de l’exposition présente le projet de demain, sous la gigantesque Canopée conçue par Patrick Berger et Jacques Anziutti, lauréats du concours international d’architecture pour le réaménagement des Halles de Paris.

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INFORMATIONS PRATIQUES

L'Exposition "Doisneau" se tient à l'Hôtel de Ville de Paris jusqu'au 28 avril 2012.

L'entrée est gratuite et accessible aux personnes à mobilité réduite.

Accès libre tous les jours sauf dimanches et jours fériés, de 10h à 19h (dernier accès à 18h30)

Salon d'Accueil de la Mairie de Paris, 29 rue de Rivoli, métro Hôtel de Ville.

Pour plus d'information, contactez le 01 42 76 51 53

 

Photos / copyright : Atelier Robert Doisneau

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