Publié par Corinne Préteur

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Le Ministre de l'agriculture, s'appuyant sur une mission d'étude sénatoriale pourtant contestée, poursuit une politique de suppression drastique de médicaments utiles à la protection des cultures. Les producteurs doivent faire face à une sur-réglementation déjà mise en place lors du Grenelle de l'environnement.

 

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, qui rassemble des producteurs de l'agriculture biologique et raisonnée, montre son clairement son inquiétude face à la situation actuelle. En effet, faute de solutions techniques et de molécules efficaces, il constate un développement de maladies émergentes : vergers de kiwi touchés par une nouvelle bactérie, cultures de choux dévastées par une maladie, cerisiers ou encore abricotiers et pêchers attaqués par un parasite exotique.

 

Ces agressions ne concernent pas seulement les exploitations agricoles mais toute espèce végétale. C'est le cas du frêne victime d'un champignon. Au Royaume-Uni, 100.000 arbres ont dû être abattus récemment faute de solutions techniques à cause du Chalara fraxinea. De même, 90% des frênes du Danemark ont été détruits.

 

Le Grenelle de l'environnement :
une véritable machine à textes...

 

A la question, "les producteurs qui sont des aménageurs de territoire et tous les amoureux de la nature doivent-ils assister à un désastre écologique faute de solution technique efficace et adaptée", la réponse du collectif est simple : "la sur-réglementation environnementale voulue par le Ministère de l'agriculture renforce la décroissance des filières de fruits et légumes. Le Grenelle de l'environnement qui s'est révélé une machine à textes réglementaires (112 de juin 2009 à avril 2012) se poursuit en matière de protection des cultures."

 


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En France, la production de fruits et légumes tout comme le nombre de producteurs s'est réduit d'un tiers en moins de 10 ans. La carotte, produite sur plus 15.000 hectares en 2004 se cultive sur seulement 8.400 hectares en 2012. On comptait plus de 17.000 hectares de cultures de salade en 2004 contre seulement 15.000 aujourd’hui.

 

En 20 ans, les surfaces de vergers de pommiers français sont passées de 61 000 hectares à moins de 44 000 hectares. Entre 1992 et 2007, 42,28% des vergers français ont été arrachés. En 5 ans, la récolte de poires a fléchi de près de 30% avec 1.169.000 tonnes seulement.


 

potager-540x405.jpgDistorsion
de concurrence

 

La baisse des surfaces se répercute sur les volumes exportés qui diminuent et ceux importés qui augmentent de façon significative. Les producteurs assistent à l'ouverture de plus en plus grande de notre marché à des productions étrangères qui ne sont pas soumises aux mêmes contraintes réglementaires, à la même fiscalité ni aux mêmes charges salariales.

 

Au niveau européen, l'harmonisation réglementaire qui devait avoir lieu n'existe toujours pas dans la réalité. De nombreuses distorsions de concurrence continuent d'exister. Une réglementation inadaptée aux réalités du terrain est une pression supplémentaire pour les producteurs placés déjà dans des conditions difficiles en raison des conditions tarifaires et des questions salariales.

 

Faut-il le rappeler, les producteurs n'utilisent pas les produits phytosanitaires pour le plaisir. Ils ont recours à des outils d'aide à la décision (OAD), à des conseils d'ingénieurs présents dans toutes les structures de la filière et, chaque fois qu'ils le peuvent, à des techniques alternatives complémentaires.

 


 

logo-sauvons-les-fl-199x300.jpgNé en novembre 2007, le Collectif sauvons les fruits et légumes de France constitue un mouvement de citoyens. Il vise à sortir les producteurs de l'impasse réglementaire dans laquelle ils se trouvent.

 

Il rassemble des producteurs issu de l'agriculture biologique et raisonnée de la France entière, membres de toutes les filières et de toutes les sections professionnelles qui, confrontés aux mêmes problèmes, ont décidé de réunir leurs efforts pour sensibiliser l'opinion et les pouvoirs publics aux menaces qui pèsent sur la production hexagonale et aux moyens d'y remédier ; il ne se substitue pas plus qu'il ne concurrence l'organisation traditionnelle de la profession.

 

Il n'a pour but que de la compléter avec le souci, partagé par tous, de l'efficacité. Toutes les cultures de fruits et légumes y sont représentées. Il obtient le soutien de scientifiques, de médecins, mais également de chefs cuisiniers, etc. Il est soutenu par des élus (maires, conseillers généraux et régionaux, députés et sénateurs).

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