Publié par Henry SALAMONE

expo presse Avec la taxe carbone entrée en vigueur le 1er janvier 2012, les compagnies aériennes avaient augmenté le prix de leurs billets. Sauf qu'à défaut d'un accord international, cette taxe a été gelée... Rapportant au passage 1,3 milliard d'euros aux compagnies. Explications. 
Par Henry SALAMONE

 

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Souvenez-vous : le 1er janvier 2012, la fameuse taxe carbone entrait en vigueur en Europe obligeant les compagnies aériennes travaillant dans l'Union européenne de s'acquitter de 15% du montant de leurs émissions de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique. Au total, cela devait représenter 32 millions de tonnes de CO2.


Le principe du 
"pollueur pa­yeur"

On pouvait penser qu’il ne devait y avoir aucune frontière au-dessus des nuages, mais les règles pour le commerce des émissions dans l’industrie du transport aérien prouvent le contraire. La question est très controversée, avec l’Union européenne d’un côté et les États-Unis, la Russie, l’Inde et la Chine d’autre part

Pour faire passer la pilule, les compagnies se voyaient le droit de répercuter ce surcoût auprès de leur client via le prix des billets, avec en bonus, la possibilité d'y ajouter le coût des 85% restants, pourtant gratuits pour elles. Sauf qu'en attendant de trouver un accord international, cette taxe avait été gelée le 12 novembre dernier jusqu'à la prochaine assemblée générale de l'Organisation de l'aviation civile qui devrait se tenir à l'automne 2013.

 

Or, en y regardant de plus près, le gel de cette taxe n'a pas empêché les compagnies de faire grimper le prix des billets. Selon la Commission européenne, ce surcoût représente entre 2 et 14 euros par trajet et une étude de l'organisation Transport et Environnement évalue ce bénéfice indu des compagnies aériennes à quelques 1,3 milliard d'euros.

 

Si la Commission européenne se dit très gênée par cette façon de faire scandaleuse des compagnies aériennes", elle avoue avoir aucun moyen d'agir sur les pratiques commerciales. "Si des compagnies aériennes décident d'imputer des coûts additionnels à leurs clients et ce, sous prétexte d'acquitter la taxe carbone de l'UE, nous ne pouvons que demander la plus grande transparence sur les tarifs pratiqués", a expliqué Isaac Valero, porte-parole de la Commissaire en charge du Climat, Connie Hedegaard.


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Rappelons que Connie Hedegaard (photo ci-contre) avait elle-même recommandé aux compagnies d'augmenter 
leurs tarifs si elles voulaient refacturer tout ou partie du surcoût des émissions aux passagers. © photo DR  

 


En revanche, Bruxelles refuse de commenter le chiffre avancé par l'étude déclarant " de ne pas savoir sur quelles données il a été calculé et quelles sont les compagnies qui ont imputé les coûts sur leurs passagers.

 

Enfin, profitons également pour souligner que des profits d'aubaine sont de la même manière réalisés par les compagnies électriques de l'Union européenne, qui majorent depuis des années les factures des usagers pour leur imputer le coût fictif des droits à polluer, car ils leur sont attribués gratuitement par les Etats jusqu'à 2013. Comme quoi, les consommateurs que nous sommes restent bel et bien les pigeons de la société

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