Publié par Catherine Gary

 

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         Ne pas confondre avec Neverland, l’œuvre de  l’écrivain écossais J. M. Barrie : rien à voir en effet avec le pays imaginaire de Peter Pan et son syndrome d’éternelle enfance. La pièce se rapproche plutôt d’une ambiance à la Ken Loach par les personnages dont les rapports s’enchevêtrent avec intensité affective sur fond de situation pour le moins dramatique. Nous sommes au fin fond de l’Angleterre. Seul décor, l’intérieur d’une maison brinquebalante où le vieux poêle n’en finit pas de s’éteindre et où les provisions alimentaires se font rares. (Bon prétexte aux incursions fréquentes de Gaven, le fou de foot et l’amoureux transis de Sally). La jeune femme traverse un gros problème : menacée de perdre la garde de sa petite sœur à l’esprit fragile, elle cherche désespérément comment s’en sortir.

    L’idée qui lui vient ? Devenir mère porteuse et avec l’argent gagné, rouvrir la librairie du village. Donner son corps pour en sauver un autre… Le ton pourrait être grave mais la pièce se déroule au contraire avec humour et drôlerie à travers une série de rebondissements qui font de la soirée un moment joyeux.C’est parfois déjanté et provocateur (tous les moyens sont bons), mais pas de place pour la tristesse ou le mélo.  Grâce aussi au jeu des acteurs. Elodie Navarre, Sally, ravissante en sexy rock, s’impose par un tonus incroyable face à Constance Dollé, l’amie inconditionnelle et totale, excellente elle aussi. Le ton déborde parfois mais il passe dans le désordre de vie qui secoue ce petit monde.  Le rythme du texte de  Clément Koch et la sobre mise en scène de Stéphane Hillel font de cette pièce une des soirée les plus réussies de la rentrée.

Sunderland

Petit Théâtre de Paris

15 rue Blanche 75009 Paris

www.theatredeparis.com

 

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