Publié par Henry SALAMONE

C'est l´océan qui a sculpté l'exceptionnel décor naturel de l'Acadie: péninsules sculptées par le ressac des marées géantes de la Baie de Fundy, côtes ourlées de dunes à Kouchibouguac et à Bouctouche, côtes jonchées d´écueils à la Baie des Chaleurs, Appalaches couronnées de forêts noires de conifères... Mais c'est aussi l'Histoire qui lui a donné ses traditions nostalgiques venues du "Grand Dérangement". Reportage Henry SALAMONE 

Nouveau Brunswick, notre escapade en terre acadienne

Volet tragique d'une rivalité entre Britanniques et Français, le "Grand Dérangement" eut comme conséquence majeure en 1755, la destruction par le feu des églises et de la plupart des villages acadiens. Et, comme un malheur n'arrive jamais seul, la moitié des 14 000 acadiens a été mise à bord de bateaux et déportée vers les ports de la Côté Est américaine, de l'Angleterre ou de la France.

Quant aux autres, ils sont parvenus au péril de leur vie, à fuir et à trouver refuges dans les bois. Et lorsque le traité de Paris en 1763 met fin à la guerre, l'ancienne acadie n'existait déjà plus. Il faudra plus d'un siècle aux Acadiens des Maritimes pour se doter à nouveau d'institutions communes. 

Depuis le débarquement de Champlain, ses vivantes coutumes ont perduré pour offrir un superbe plateau aux saveurs multiples, que ce soit au Pays de la Sagouine, dans chaque village de pêcheurs où le homard est roi, le long des rivières à saumons descendues autrefois par les draveurs, et dans les stations victoriennes de poche.

Partout en terre acadienne est présente cette force de survie qui fit et fait encore aujourd'hui l'une des particularité de ce territoire.

Une multitudes de lacs et de rivières 

Mais refermons cette courte page d'histoire pour mieux découvrir le Nouveau Brunswick. Porte d'entrée des provinces maritime, le territoire néo-brunswickois est couvert à 85% de forêts.

Il est traversé du nord au sud par le fleuve Saint-Jean, qui prend sa source dans les contreforts des Appalaches. Terrain de jeu exceptionnel pour les amateurs d'activités nature, le Nouveau-Brunswick possède, il est vrai, des atouts inestimables.

Avec ses milliers de lacs, de rivières et de ruisseaux, ce petit coin de paradis terrestre offre par exemple, des possibilités de pêche en eau douce parmi les plus intérressantes au monde. Sans oublier bien sûr, les balades en canot ou en kayak d'une ou plusieurs journées.

Afin d'accueillir ces randonneurs aquatiques, des emplacements de camping sauvage ont été mis en place par le gouvernement dans le cadre de la protection de l'environnement.

Pour la sauvegarde de la nature

Le Parc national de Kouchibouguac est situé au nord de la ville de Richibucto. Il s’étend sur 26 kilomètres de littoral parsemé d'une fascinante mosaîque de tourbières, de marés salés, d'estuaires, de systèmes d'eau douce, de lagunes abritées, d'anciens champs et de forêts aux arbres majestueux.

Pour Roland, guide-accompagnateur rattaché au parc, " cet endroit peut se réjouir de posséder la deuxième colonie de sternes de l’Amérique du Nord. Et de poursuivre: " Vingt-cinq kilomètres de dunes de sable en constant mouvement servent ici d’habitat au pluvier siffleur, un oiseau dont l’espèce a été classifié " en péril ".

Et si l'on est patient, on peut aussi y apercevoir des colonies de phoques, gris et communs, se prélassant au soleil ".

Parcourant la campagne acadienne, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir l'église Sainte-Cécile, probablement l'édifice le plus reconnu de la région, est une petite église située dans le hameau de Petite-Rivière-de-l'Île à Sainte-Cécile, sur l'île de Lamèque, au Nouveau-Brunswick.

Elle fut construite en 1813. Sa particularité ? D'avoir été entièrement décorée par son curé... Depuis 1975, elle accueille chaque année le Festival international de musique baroque de Lamèque, une manifestation unique en son genre. En effet, c'est le seul festival au Canada à consacrer sa programmation à la période musicale entre 1600 et 1760.

Nos photos : l'église Sainte-Cécile entièrement décorée par... son curé! / Roland, guide-accompagnateur rattaché au parc, est un vrai passionné. ©Henry SALAMONE
Nos photos : l'église Sainte-Cécile entièrement décorée par... son curé! / Roland, guide-accompagnateur rattaché au parc, est un vrai passionné. ©Henry SALAMONE

Nos photos : l'église Sainte-Cécile entièrement décorée par... son curé! / Roland, guide-accompagnateur rattaché au parc, est un vrai passionné. ©Henry SALAMONE

LE TINTAMARRE ACADIEN
On associe le Tintamarre à une tradition du Moyen âge qui consiste à faire du bruit pour marquer des événements, tristes ou joyeux. Mais l'origine de cette manifestation est bien plus jeune, car il ne date que depuis 1955, lors des fêtes du bicentenaire de la déportation des Acadiens.

La première mention d’un tintamarre acadien fut le 10 août 1955 dans un dépliant à l’occasion de l’ouverture des fêtes du bicentenaire de la déportation des Acadiens. Dans ce dépliant intitulé "Prière et instructions pour l'ouverture des fêtes du bicentenaire acadien, 10 août 1955", l'Archevêque de Moncton, Mgr Norbert Robichaud, demande aux Acadiens et aux Acadiennes de manifester bruyamment leur présence.

Le saviez-vous ?

Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE
Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE
Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE
Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE
Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE
Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE
Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE
Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE
Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE

Le village historique acadien en quelques clichés. Photos : © Henry SALAMONE

Un lieu à remonter le temps...

Viens voir l'Acadie, viens voir le pays, le pays qui m'enchante, je te le dis, je te le chante, je te le crie, je te le montre..." Donat LaCroix, chansonnier acadien. 

Situé à New Bandon, près de Caraquet, au nord-est du Nouveau-Brunswick, le village historique acadien fut innauguré en 1977. Il recrée la vie du peuple acadien de 1770 à 1939. Plus de 40 bâtiments, plusieurs originaux, sont habités par des interprètes en costumes d'époque qui font revivre les coutumes ancestrales et les métiers traditionnels. Conçu à l'image d'une petite colonie rurale, le lieu comprend, entre autres, plusieurs bâtiments de ferme, un moulin à grain, une taverne, un magasin général, une école et une chapelle. 

Le Village est reconnu pour ses événements spéciaux, souvent constitués de démonstrations d'activités traditionnelles telles que la maréchalerie, la savonnerie et la fenaison. Le Village est ouvert de juin à la fin août puis, suivant un horaire limité, jusqu'au début d'octobre. 

CARNET PRATIQUE

- Y aller : Vols Corsair Orly-Montreal-Moncton et retour direct, à partir de 302 € HT (242 €, en septembre). Air Canada Roissy-Moncton à partir de 752 € HT (462 €, en septembre). Environ 160 € de taxes.
- Se loger : Hôtels, motels et gîtes du voyageur à partir de 40-60 dollars la nuit selon les régions. Maisonnettes de bord de plage à partir de 500 dollars la semaine pour un T3.


Plus d'infos: Office du tourisme canadien, C/O Ambassade du Canada, 35, avenue Montaigne, 75008 Paris. 
- Tél. + 33 (0)1.44.43.29.00

- www.tourismenouveaubrunswick.fr